La pêche dans une mer plus chaude

Jorge Luis Filio Flores*

Les défis que représentent les activités économiques dépendant des conditions des écosystèmes aquatiques pour leur durabilité sont très variés. Plus particulièrement les défis qui entraînent les changements climatiques, car leur effets nocifs menacent les eaux continentales et pélagiques, et ils mettent en danger tout ce qui, directement ou indirectement, dépend du secteur de la pêche. Il est évident que les bouleversements du cycle hydrologique dus au changement climatique (par exemple le terrible El Niño de cette année) vont affecter les systèmes marins, mais ils vont provoquer également : le réchauffement irrégulier des régions marines, la disparition des lacs, l’augmentation du niveau de salinité des eaux – accentuant ainsi leurs concentrations de nutriments -, la hausse des niveaux de la mer, l’acidification des océans et les pertes inhérentes aux catastrophes climatiques plus violentes et plus fréquentes.

Les conséquences provoquées par ces changements sont colossales, dans la mesure où  elles concernent un grand nombre de secteurs qui dépendent des systèmes aquatiques. Parmi les répercussions majeures, on peut signaler : le déplacement des espèces marines vers les pôles, la disparition de la biodiversité dans les zones marines tropicales et subtropicales, la diminution des ressources de la pêche dans le monde (il faut remarquer que cette situation peut évoluer en fonction de la région affectée). Sur terre, l’aquaculture est menacée pour différentes raisons : l’utilisation des eaux douces pour la culture, l’introduction d’autres espèces dans les petits écosystèmes d’élevage, mais aussi l’utilisation à outrance de substances chimiques utilisées pour nourrir les poissons.

L’instauration du Code de conduite pour une pêche responsable représente un outil pour le développement de la pêche. En outre, ce Code lutte contre la pêche illégale, qui n’est ni régulée ni déclarée. Cette activité affecte considérablement les écosystèmes aquatiques. Pour cette raison, le 5 juin 2016, est entré en vigueur un traité mondial sur la pêche illégale. Le PMSA (en anglais) ou l’accord sur les mesures de l’état recteur des ports destinées à prévenir et éradiquer la pêche illégale, jusqu’alors ni déclarée ni réglementée. Vingt-neuf pays développés et en voie de développement ont déjà signé cet accord, et d’autres devraient les rejoindre.

La disponibilité des ressources de la pêche est, sans aucun doute, une condition primordiale pour l’étude de la durabilité de la pêche. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, environ 30% des produits de la pêche, en 2011, ont été dénoncés comme étant «surexploités ». En effet, les niveaux de capture n’étaient pas durables, la grande majorité étant «entièrement exploitée » et seulement 10% étaient dans la catégorie «sous-exploités » à des niveaux biologiquement durables.

La hausse mondiale du niveau moyen des eaux s’est accélérée depuis 1993 à 3.1 mm par an. Ces changements affectent surtout les petits états insulaires. Les conséquences de ces bouleversements ont été dévastatrices pour Kiribati ou Tuvalu. L’autre retombée négative du changement climatique est l’acidification des mers. On estime qu’elle devrait augmenter de 0.3 unités pH (potentiel d’hydrogène) dans les années à venir. Un grand nombre d’espèces sont aussi menacées, notamment les coraux et les coquillages.

Pour conclure, il conviendrait de mener des études sérieuses pour mieux comprendre comment le changement climatique va affecter ou a déjà affecté les écosystèmes marins, mais aussi la pêche. Il est capital de prendre conscience des dangers que représentent, pour les pécheurs et la sécurité alimentaire, la probable diminution des niveaux de production. De plus, il convient d’étudier les applications de la biotechnologie sur l’aquaculture. Enfin, il appartient à chacun de nous, consommateurs, de prendre les mesures responsables pour préserver les océans.

Pour savoir plus sur le sujet ou l’auteur, et pour voir la version originelle de cet article, cliquez ici : https://sustainabilitybyjorgefilio.wordpress.com/

Références:
FAO, Consecuencias del cambio climático para la pesca y la acuicultura: Visión de conjunto del estado actual de los conocimientos científicos. Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura. Roma, 2012
FAO, The State of World Fisheries and Aquaculture: Opportunities and challenges. Food and Agriculture Organization of the United Nations. Rome : 2014
FAO/ILO, Guidance on addressing child labour in fisheries and aquaculture. Published by the Food and Agriculture Organization of the United Nations and the International Labour Organization. Turin : 2013
FAO (2016) Entra en vigor el primer tratado mundial contra la pesca ilegal. Recuperado el 15 de junio de 2016 de: http://www.fao.org/news/story/es/item/417495/icode/
Thevenon, F., Carroll C., Sousa J. (editors), 2014. Plastic Debris in the Ocean: The Characterization of Marine Plastics and their Environmental Impacts, Situation Analysis Report. Gland, Switzerland: IUCN. 52 pp.

* Ingénierie en Développent Durable:  jorge-ff @hotmail.com

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